Un torrentueux quadrille

Lettre à André Dhôtel, suivie d’un Torrentueux quadrille, une nouvelle de Denis Tellier




Merci à Isa Van Der Haegen pour ce retour de lecture :

Quelle est belle cette lettre à André Dhôtel !

Comme il doit les aimer ces plaines immenses pour réussir à trouver les mots qui les honorent .
Son écriture, à l’ image de ce pays là bas, se déroule et se déploie dans une poésie sans limites pour dire et redire la majesté de ces terres qui ne finissent jamais.

Je me recouvre à mon tour de mes dentelles de souvenirs et je songe en m’endormant à ces territoires chéris où s ‘ effacent tous les repères.

Il y a du Rabelais chez Denis Tellier !

Comme l’Oiseau Moqueur qui se joue de ses congénères, il se joue de tous les fats pour le plus grand plaisir du lecteur !
Comme il semble les aimer vos personnages et comme il les rend sympathiques. La description du comte du Pré de Buzancy est un régal !
Une nouvelle enlevée et pittoresque à souhait mais ô combien orchestrée… ciselée …peaufinée… lorsqu’on s’ y penche d’ un peu plus près…


Une note de lecture signée Chantal Flament :

« Lettre à André Dhôtel », un très bel hommage, pour cet écrivain découvert au passage.
« Le pays où l’on n’arrive jamais », roman cité dans cette nouvelle, c’est déjà en soi évocateur, comme un appel pour les nomades de tous poils. Cette fiction est d’ailleurs assez jubilatoire, avec ces êtres tous originaux, ces descriptions de paysages qui seraient dignes d’un Denis Tellier.
Dans sa belle langue toujours bien pesée, celui-ci nous emmène sur les chemins ardennais, imaginaires pour celui qui ne connaît pas, ce qui est mon cas. Cette force de l’écriture, donner à entrevoir malgré l’éloignement…. Alors oui, Dhôtel, Rimbaud, Verlaine, au bord des chemins, mais toute cette évocation qui prête à l’émotion, d’un lieu à nul autre pareil ? Vide et plein se chevauchant… Chapeau Messieurs !

« Un torrentueux quadrille »
Alors, après l’histoire « d’Adrien », puis le « Bleu de Gênes », où Denis Tellier nous parlait plutôt des petites gens, de ce monde qu’il a côtoyé et dont toute son écriture rend compte, nous voici face à la description d’une bourgeoisie ancestrale, qui évidemment nous ramène à des souvenirs de lectures ou autres supports, de Madame Bovary à l’amant de Lady Chatterley, en passant par le cinéma de Renoir, ou tant d’autres références.

Etonnant là, lorsque l’on connaît un peu le parcours de Denis.

Mais finalement, au-delà du sujet, il y a toujours cette écriture ciselée, de la dentelle, entre verbe et image, on y est, en le lisant, dans ces décors minutieusement décrits.
Là, comme dans le « Bleu de Gênes », ce recul par rapport aux personnages, et somme toute, malgré l’ironie, de la tendresse pour cette femme d’un autre temps, Bénédicte au « Bois de velours ». Dont la sensibilité, étouffée par la morale, ressort avec humour sous la plume du Félicien. Belle peinture d’une âme (et d’un corps), entre émotions et conventions, à l’avenir fichu par et pour un bourrin aristocrate, « ce comte, gros, gras comme un taureau… pareil à une bête de concours primée ».
Ne point trop dévoiler la narration, ni la chute de la nouvelle. Ce qui est fascinant est ce mélange de description des lieux et scènes, dans un vocabulaire chatoyant, encore une fois, et d’analyse des personnages. Comme de l’intérieur. Mais n’oublions pas que celui qui raconte de si près cette femme est un homme, qui se serait comme identifié, et ça aussi, c’est toujours assez étonnant. Androgynie sans défaut, pour ce qui pourrait s’apparenter à un conte, celui d’une « princesse recluse ».


Quelques extraits du retour de lecture de Miriam Tellier

Lettre à André Dhôtel

 » Très bel hommage à un auteur un peu oublié de nos jours, sauf sans doute dans son fief natal et dans certaines mémoires.
Cette magie s’opère par le biais d’une écriture extrêmement personnelle et expressive, celle de Denis Tellier. , une écriture invitation à dérouler ses pas sur de nouveaux chemins
Comme si la langue était en quelque sorte réinventée, riche et neuve. Et cela dérange au meilleur sens du terme ; car on veut aller chercher plus loin, au-delà des apparences, le Minuscule étant un univers à explorer par la grâce des mots.
Il faut en effet des yeux pour voir et un mental particulier pour réussir à rendre les frémissements de l’infiniment Grand, pour devenir Bâtisseur de phrases, Architecte facétieux des mots et du langage. »

Un torrentueux quadrille

 »  C’est le tumulte d’une vie de femme au prisme du regard d’un homme, de façon curieuse, insolite et surprenante. Un sentiment d’étrangeté plane au- dessus des personnages, comme s’ils étaient perçus à travers un voile opalescent. Mais les sentiments sont nets et coupants.
C’est de l’élégance, de la délicatesse, de la précision pour évoquer cette vie intérieure : des espoirs , des bonheurs, des souffrances, des égarements et des regrets , des trains manqués…..

….Car il y a du Grand dans cette écriture.
Et oui, bien évidemment, nous voulons des suites, d’autres histoires promises, des mots renouvelés. Car tout n’a pas encore été livré ! « 

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